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MFSL

24 juillet 2010

Mais comment j'ai pu être assez naïve pour croire qu'une fille comme Moi pouvait s'octroyer le droit d' "immigrer" par la seule force de son amour pour une fille comme Elle ?

A vrai dire je ne l'ai pas vraiment cru. Je me suis propulsée de l'autre coté de l'Atlantique avec toute la force du déni, avec chien, vélo, lâché de boulot and what not...

j'ai juste plongée tête baissée, sure que ma bonne étoile de citoyenne occidentale ouvrirait l'océan devant moi pour me laisser passer à sec...
Le monde est mon huitre et je suis une perle !
C'est bien connu. Elle me le dit tout le temps en anglais et j'adore ça.
Mais PAF, il y a pas d'eau dans la piscine !
Pas de droits pour les filles comme elle et moi.
La Dame de l'immigration était assez abrupte. Après m'avoir remise sèchement aux mains d'un subalterne chargé de me conduire dans une salle obscure pour interrogatoire, elle a refusé de répondre à ma femme, qui me cherchait partout pendant une demi heure, de l'autre coté de la frontière où on avait quelques droits... notamment celui de vivre ensemble pendant les sept années qui ont précédé.
Nous n'avons pas le droit de fournir des informations sur les personnes qui sont hors du territoire américain, je ne peux rien vous dire!
Elle, c'était Bad Cop. Le Monsieur de l'immigration, lui, celui qui m'a interrogé pendant une demi-heure, c'était "Good Cop". Toutes les 10 mn il faisait semblant que tout était ok, juste la routine, que j'allais être libérée dans la seconde, dés qu'il aurait fini de taper le roman de ma vie dans son ordi... et puis Hop ! c'est reparti pour un tour de questions pièges : pourquoi vous êtes là, chez qui vous habitez, qu'est-ce qu'elle fait, où vous vivez, vous faites quoi, pourquoi, avec qui, combien de fois, comment ça tous les mois vous allez, vous venez, pourquoi faire et comment ça ?
Et puis la petite leçon :
Vous n'avez pas le droit de rester plus longtemps sur le territoire américain que chez vous. La prochaine fois, restez chez vous, allez en Afrique, en France, ou vous voulez, mais ne passez pas votre temps ici.
m'a-t-il dit... avec un accent asiatique a couper au couteau.
Depuis je rumine ma rage et mon humiliation dans notre étuve sous les toits. Je suis passée cette fois, j'ai le droit de rester encore deux mois. Après... c'est retour a la case départ, à la maison qui n'existe plus, avec interdiction de revenir sans avoir une "bonne" raison. Une grande muraille hostile barre mon horizon, mon imagination, et me fait pleurer tous les jours. Elle s'est installée sur la date du 17 septembre.
Je suis punie. Ma Faute, je Suis une Lesbienne. MFSL.
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2 Commentaires sur “MFSL”

  1. Mmmh, éloquent… J’apprécie particulièrement l’ironie de l’absurde saillie « Vous n’avez pas le droit de rester plus longtemps sur le territoire américain que chez vous. »

    Bon courage à toi.

  2. Dommage. :(

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